Tribune parue dans le journal "Metro " du 11 mai 2005

Stress et nouvelles technologies

L'utilisation des robots permet de diminuer les accidents du travail, et celle des outils informatiques de supprimer certaines tâches fastidieuses. Pourtant, il ne faudrait pas en conclure que les nouvelles technologies, et les nouvelles organisations qui les accompagnent, améliorent systématiquement les conditions de travail.

Les études que nous menons actuellement en entreprise font apparaître une augmentation de la charge de travail. On la mesure grâce au niveau d'ergostressie, véritable syndrome de la société de l'information car c'est le résultat de la fatigue physique, de la fatigue mentale, du stress et du plaisir.

La fatigue physique n'a pas disparu dans la société de l'information. Aujourd'hui, elle est souvent due à la position assise devant un écran, qui provoque maux de dos, de poignets et de bras. Elle est due aussi aux déplacements. Plus nous travaillons à distance avec des clients ou des fournisseurs lointains, plus il est nécessaire de nous déplacer pour les rencontrer. C'est ainsi que les voyages professionnels ont augmenté de 10% par an depuis le développement d'Internet!

La fatigue mentale est liée, en grande partie, à l'obligation de suivre des procédures très précises et de travailler sur des représentations abstraites de la réalité, qui apparaissent sur les écrans sous forme de textes ou de graphiques.

Le stress est évidemment une des conséquences les plus connues, puisque 28 % des salariés européens déclarent en souffrir. Les causes sont multiples et sont liées aux difficultés pour gérer, dans des délais trop courts, des messages trop nombreux qui provoquent d'incessantes interruptions dans le travail. Pour les cadres, qui traitent un message toutes les 4 minutes en moyenne, ces interruptions permanentes viennent " hacher le travail " et créent le phénomène du cadrus interruptus très difficile à supporter.

Mais dans l'évaluation de la pénibilité réelle de notre emploi, il faut aussi prendre en compte les aspects positifs: satisfaction de maîtriser des systèmes complexes grâce à l'interactivité et plaisir de pouvoir communiquer avec des interlocuteurs variés et lointains.

Nous utiliserons de plus en plus les technologies de la communication : à nous d'être lucides sur nos conditions de travail et de repérer les facteurs sur lesquels agir, individuellement et collectivement, pour maîtriser notre niveau d'ergostressie.

Yves Lasfargue : Auteur de " Halte aux absurdités technologiques " - Les Editions d'Organisation - 2003 et du " Kit 2005 de mesure de la pénibilité dans la société de l'information " téléchargeable gratuitement sur http://www.ergostressie.com

 

(Liste des articles de presse récents qui parlent d'ergostressie)

QUEL EST VOTRE NIVEAU D'ERGOSTRESSIE?

* TESTS POUR MESURER VOTRE NIVEAU D'ERGOSTRESSIE

et VOTRE EQUILIBRE DES TEMPS


* Présentation du concept d'ERGOSTRESSIE
(brochure téléchargeable) et accès aux systèmes experts d'analyse du temps de travail et de l'ergostressie

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