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Extraits de l'article de Lucie Delaporte du 15
décembre 2007
"Managers en surchauffe technologique"
(...) En s'imposant dans le quotidien des managers, ces nouveaux
outils ont-ils vraiment tenu la promesse de leur faciliter la
vie ?
Pas sûr. Première désillusion : le gain de temps vanté n'est
pas au rendez-vous. Alors que les éditeurs de logiciels leur promettent
toujours plus d'efficacité, des solutions plus simples, plus ergonomiques,
plus personnalisées, les managers entendent surtout le " toujours
plus " de temps. Et anticipent la dimension chronophage de ces
outils hyperperfectionnés. Pour Yves Lasfargue, chercheur et
consultant, directeur de l'Observatoire des conditions de travail
et de l'ergostressie (Obergo), " ces techniques ont induit une
gigantesque abondance de données. Résultat : les managers sont
noyés ". Avec les logiciels intégrés, type ERP, ou les tableaux
de bord, les cadres passent leur temps à alimenter des indicateurs,
de plus en plus nombreux. Dans un logiciel RH, on peut trouver
pas moins de onze niveaux pour définir l'implication d'un cadre,
alors même que celle-ci n'est jamais qu'un des quinze critères
pour évaluer le comportement... D'où l'impression tenace de perdre
un temps précieux à alimenter ces grilles. " Les indicateurs
ne coûtent rien, donc tout le monde est tenté de les multiplier,
ajoute Yves Lasfargue. Et généralement lorsqu'un manager identifie
(réalise ?) qu'un indicateur ne correspond pas, il le remplace
par deux autres. Le pire, c'est qu'il lui arrive même de penser
que plus il a de données, plus il sera performant. " Autre
reproche fait à ces outils : bon nombre des informations ne concernent
pas en réalité les managers. Les logiciels de gestion des coûts
leur font, par exemple, jouer un rôle administratif dont ils se
passeraient bien. " Il suffit qu'un collaborateur veuille changer
sa souris ou poser un jour de congé pour que je sois inondé de
demandes de validation ", déclare David.
(...) " Plus aguerris, davantage partie prenante dans l'installation
de ces outils, les managers devraient parvenir à éviter les principaux
pièges. A condition d'oser formuler leurs critiques, ce qui n'est
pas gagné. Car, comme le souligne Yves Lasfargues, " il est
aujourd'hui impossible de critiquer ces nouvelles technologies
sous peine de passer pour un incompétent ".
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