A lire sur : http://www.lesechos.fr/management/coaching/300226041.htm

Extraits de l'article de Lucie Delaporte du 15 décembre 2007

"Managers en surchauffe technologique"

 

(...) En s'imposant dans le quotidien des managers, ces nouveaux outils ont-ils vraiment tenu la promesse de leur faciliter la vie ?

Pas sûr. Première désillusion : le gain de temps vanté n'est pas au rendez-vous. Alors que les éditeurs de logiciels leur promettent toujours plus d'efficacité, des solutions plus simples, plus ergonomiques, plus personnalisées, les managers entendent surtout le " toujours plus " de temps. Et anticipent la dimension chronophage de ces outils hyperperfectionnés. Pour Yves Lasfargue, chercheur et consultant, directeur de l'Observatoire des conditions de travail et de l'ergostressie (Obergo), " ces techniques ont induit une gigantesque abondance de données. Résultat : les managers sont noyés ". Avec les logiciels intégrés, type ERP, ou les tableaux de bord, les cadres passent leur temps à alimenter des indicateurs, de plus en plus nombreux. Dans un logiciel RH, on peut trouver pas moins de onze niveaux pour définir l'implication d'un cadre, alors même que celle-ci n'est jamais qu'un des quinze critères pour évaluer le comportement... D'où l'impression tenace de perdre un temps précieux à alimenter ces grilles. " Les indicateurs ne coûtent rien, donc tout le monde est tenté de les multiplier, ajoute Yves Lasfargue. Et généralement lorsqu'un manager identifie (réalise ?) qu'un indicateur ne correspond pas, il le remplace par deux autres. Le pire, c'est qu'il lui arrive même de penser que plus il a de données, plus il sera performant. " Autre reproche fait à ces outils : bon nombre des informations ne concernent pas en réalité les managers. Les logiciels de gestion des coûts leur font, par exemple, jouer un rôle administratif dont ils se passeraient bien. " Il suffit qu'un collaborateur veuille changer sa souris ou poser un jour de congé pour que je sois inondé de demandes de validation ", déclare David.

(...) " Plus aguerris, davantage partie prenante dans l'installation de ces outils, les managers devraient parvenir à éviter les principaux pièges. A condition d'oser formuler leurs critiques, ce qui n'est pas gagné. Car, comme le souligne Yves Lasfargues, " il est aujourd'hui impossible de critiquer ces nouvelles technologies sous peine de passer pour un incompétent ".

 



 

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